Posté le 28.03.2006 par blogcinedemik62160
Wu ji, la légende des cavaliers du vent
Titre original : Wu Ji, The Promise
Un film d'aventures de Chen Kaige
Acteurs : Hiroyuki Sanada, Jang Dong-Gun, Cecilia Cheung, Nicholas Tse
Production : Show East
Scénario : Chen Kaige, Zhang Tan
Distribution : Tfm Distribution
Presse : J. Jouneaux et I. Duvoisin et M. Rey
Sortie en salle le mercredi 15 mars 2006
Nouveauté programmée dans 201 salles cette semaine
Américain - 2005 - 1h43 - Couleur
Histoire:
Enfant, Qingcheng conclut un pacte avec la déesse Manshen qui la prive à jamais de l'amour vrai. Devenue princesse, et alors que 2 hommes très puissants s'affrontent pour la conquérir, elle rencontre le véritable amour sous les traits de Kunlun, l'ancien esclave qui court plus vite que le vent. Ce dernier jure de la délivrer de sa promesse...
Critique:
Le wu xia pian est véritablement un style cinématographique à part entière avec sa réalisation exubérante, ses couleurs vives, ses drames amoureux, ses phrases philosophiques à deux sous et ses combats d'art martiaux qui ont oublié le théorème de Newton. Wu Ji, la légende des cavaliers du vent n'échappe pas aux règles du genre en offrant tout cela, voire plus pour les amateurs d'absurde. En effet, comparé à Hero et au Secret des poignards volants de Yang Zhimou qui se révélaient très sérieux et parfaitement maîtrisés, Wu Ji part rapidement dans le grand guignolesque et devient par la même occasion beaucoup plus rigolo, même si ce n'était pas l'effet recherché. Quand on voit un mec qui dépasse en marchant à quatre pattes un troupeau de gnous lancé à toute allure, on ne peut qu'exploser de rire et penser aux parodies de Stephen Chow. Rien que pour penser à ça, le réalisateur n'a peur de rien et d'aucune honte.
On sent que Chen Kaige n'a pas envie de se cantonner au wu xia pan classique et cherche à moderniser le genre en proposant des scènes d'action très hollywoodienne. Seulement, il ne dispose pas du même budget et cela se ressent fortement lors de la fameuse course de gnous ou d'une grande bagarre en plan large à la Seigneur des anneaux. Cela ne vaut toutefois que pour la première moitié du film et les effets spéciaux grandiloquents sont mis à la trappe avec le temps. Avec son esthétisme travaillé et son action too much, Wu Ji possède un rendu intéressant et fait souvent penser à du Final Fantasy avec acteurs. Ce mélange entre wu xia pian classique et effets dernier cri est suffisamment étonnant pour que la mayonnaise prenne et le film, aux forts accents de série B, séduit par son rythme endiablé et ses chinoiseries amusantes. Toutefois, la mécanique se bloque peu avant l'heure et il faudra attendre les dix dernières minutes avant de retrouver un peu de tonus. C'est dommage que le film tombe à ce moment dans le piège des clichés du genre avec une histoire qui tourne sur elle-même et qui a du mal à prendre une autre dimension que la trame classique des amours et des combats entre trois hommes et une femme.
En Bref:
Au final, il ne faut pas voir avec Wu Ji autre chose qu'un joli film divertissant. Loin du lyrisme d'un Hero qu'il cherche pourtant à imiter, le film séduit davantage par son côté série B que par le drame raconté. Le mauvais jeu des acteurs et le nombre de scènes involontairement comiques y sont sûrement pour beaucoup. A apprécier au deuxième degré.
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Posté le 28.03.2006 par blogcinedemik62160
Renaissance
Un film d'animation de Christian Volckman
Distribution : Pathe Distribution
Presse : M. Abitbol-Lasry et S. Lajarridge
Réalisation : Christian Volckman
Production : Onyx Films, Millimages, France 2 Cinéma, Timefirm Ltd
Scénario : Alexandre de La Patellière, Matthieu Delaporte, Patrick Raynal, Jean-Bernard Pouy
Voix de : Patrick Floersheim, Laura Blanc, Virginie Mery
Sortie en salle le mercredi 15 mars 2006
Nouveauté programmée dans 90 salles cette semaine
Français - 2005 - 1h45 - Couleur
Histoire :
Film d'animation 3D hors normes, Renaissance a en effet tout pour éveiller la curiosité : des choix graphiques plutôt atypiques, un thème peu souvent abordé dans le monde de l'animation, et surtout, des français à la barre. Tous nouveaux dans le 7ème art, leur ambition n'en est pas moins gigantesque : se tailler une bonne part dans l'univers du numérique, et en bousculer les codes.
Paris, en 2024. La jeune et jolie scientifique Ilona Tasuiev disparaît de la circulation, sans aucun doute kidnappée pour d'obscures raisons. Avalon, société lucrative versée dans la génétique, et employeur de la chercheuse, ne peut imaginer se passer d'elle, et en appelle aux forces de police les plus efficaces pour la retrouver. Karas, taciturne flic solitaire, est chargé de l'enquête...
Critique :
Une modélisation proprette, bien que parfois un peu étrange dans ses proportions, et seulement deux couleurs (en l'occurrence : le noir et le blanc, à vous de juger si l'on peut considérer celles-ci comme des couleurs). Voilà en résumé les caractéristiques d'un produit français qui cherche avant tout à se démarquer de la concurrence, mais aussi à éviter les comparaisons désavantageuses. Sur ce point, Renaissance assume son parti pris : un scénario correct, prétexte à un grand défi technique et esthétique, qui nous emmène au coeur d'une histoire policière typée film américain de base : une scientifique kidnappée, un flic solitaire pour la retrouver. Rien d'exceptionnel en somme, et bien peu de surprises viennent relever le rythme de cette démonstration technique courte mais paradoxalement assez longue. En lieu et place, Paris comme vous ne l'aurez jamais vu, transposée 50 ans dans le futur. Les habitués reconnaîtront un certain nombre de lieux typiques de la capitale, futurisés pour l'occasion avec un sens du concret très judicieux. Ni intacte, ni complètement transformée, la vision de la ville projetée dans l'avenir constitue le principal intérêt du film, renforcé par l'aspect graphique si particulier qui lui peut se targuer d'être l'élément d'attraction. N'oublions pas l'animation des personnages, réaliste au possible (car recrée à partir de sujets réels) et leur modélisation, tenant plus de la bande dessinée (on est parfois amené à penser Sin City) que du photo réalisme à la Final Fantasy.
En Bref :
Un réel défi technique assuré avec brio, et une identité visuelle qui le démarque de tout ce qui a été vu jusqu'à présent. Un bien beau bilan, français qui plus est, auquel il ne manque que quelques couleurs supplémentaires dans des domaines plus cinématographiques, tels que le scénario, le rythme, et les personnages
Posté le 28.03.2006 par blogcinedemik62160
Du jour au lendemain
Une comédie de Philippe Le Guay
Acteurs : Benoit Poelvoorde, Anne Consigny, Rufus, Bernard Bloch
Distribution : Mars Distribution
Presse : Andre-Paul Ricci et Christopher Robba
Sortie en salle le mercredi 15 mars 2006
Nouveauté programmée dans 257 salles cette semaine
Français - 2005 - 1h33 - Couleur
Histoire :
Du jour au lendemain, François Berthier passe d'une vie ingrate à une vie idéale, faite de bonheurs, de satisfactions et de succès. Que s'est-il passé, alors qu'il n'a rien changé à son attitude ? François s'inquiète des raisons de ce revirement de fortune, comme si le monde conspirait secrètement en sa faveur. Et si le bonheur était insupportable ?
Critique:
Avec un comique sombre loin d'être drôle et un mystère qui se termine dans une révélation un peu décevante, Du Jour Au Lendemain n'arrive pas à se situer entre la comédie et le drame. Le scénario de départ est pourtant alléchant : un obscur événement change du tout au tout la vie d'un homme. Proche de son personnage principal, Philippe Le Guay (Le Coût De La Vie) filme avec brio la vie déprimante d'un banquier sans motivation dont les journées apparaissent tristement routinières. Le réalisateur arrive parfaitement à saisir les éléments quotidiens qui remplissent une vie professionnelle : un réveil, un café, un journal, un trajet de train, une discussion avec une collègue, un repas à la cantine, un fantasme récurrent... Alors que l'idée de départ s'y prêtait, le radieux changement de vie de François ne parvient pas à faire rire. Certainement trop proche d'une réalité cafardeuse, la belle prestation de Poelvoorde inspire plus à la compassion chagrinée qu'aux railleries rigolotes.
Jusqu'à son twist final, Du Jour Au Lendemain maintient un mystère très frustrant. Totalement perdu, le spectateur à tendance à pencher pour une explication fantastique. On ne peut d'ailleurs s'empêcher de penser au Un Jour Sans Fin d'Harold Ramis. Dans un sens comique ou dramatique, on espère que le film va choisir son camp. Cela n'arrive malheureusement pas. S'il est tendre dans l'exposition des relations familiales qu'il fait et réussit dans la mise en scène de la vie de bureau, le long métrage ne réussit pas à faire de ses délires des sources d'amusement. Constamment entourés de ténèbres, les pétages de plombs de François, même les plus absurdes, laissent les maxillaires statiques. Les interprétations des acteurs étant irréprochables, dont un Poelvoorde dramatique décidément talentueux, on ne peut que regretter le fait que les scénaristes Olivier Dazat et Philippe Le Guay ne poussent pas plus leur réflexion sur le bonheur.
En Bref:
Si l'on ne rit pas du tout, la représentation d'une vie déprimante, au travers de ses répétitions et de ses difficultés quotidiennes, présente un certain intérêt. Force est de constater que la bande annonce axée sur l'humour était mensongère.
Posté le 28.03.2006 par blogcinedemik62160
The Woodsman
Une comédie dramatique de Nicole Kassell
Acteurs : Kevin Bacon, Kyra Sedgwick, Benjamin Bratt, Mos Def
Production : Dash Films, The Woodsman LLC, Lee Daniels Entertainment
Scénario : Nicole Kassell, Steven Fechter
Distribution : One Plus One
Presse : Francois Guerrar et Anais Lelong
Sortie en salle le mercredi 15 mars 2006
Nouveauté programmée dans 12 salles cette semaine
Américain - 2004 - 1h27 - Couleur
Histoire :
Après avoir purgé une peine de 12 ans pour pédophilie, Walter trouve du travail dans une scierie mais doit rapidement faire face à ses démons du passé. Constamment surveillé par la secrétaire et un policier, il trouve un réconfort auprès de la jeune Vicki, qui ne le juge pas. Mais un seul faux pas est suffisant pour tout perdre...
Critique :
The Woodsman est un film d'ambiances. Une oeuvre pesante, toute en gestes, regards et non-dits. Traiter du thème de la pédophilie montre de l'ambition et du courage. La scénariste-réalisatrice Nicole Kassell, qui signe ici son premier film, a choisi de ne pas jouer la carte du mystère. Le passé pédophile est rapidement révélé par les attitudes suspectes de Walter. L'adaptation de la pièce de théâtre homonyme écrite par Steven Fechter plonge le spectateur dans les troubles d'un homme déchiré entre son désir de tourner la page et ses pulsions. Kevin Bacon (Mystic River) livre une interprétation torturée où chaque expression, larme ou sourire possède un poids considérable. Le personnage de Walter déclenche une dérangeante fascination qui trouve son équilibre dans les excès de violence que lui renvoi un monde dégoûté par des actes abominables.
L'univers déprimant, dur et sombre que met en scène la réalisatrice a de quoi en refroidir plus d'un. The Woodsman reste constamment dans une atmosphère oppressante et perturbante. Avec un talent remarquable, le film parvient à exprimer la complexité de la situation de Walter. La haine que l'on ressent envers le pédophile rejoint une certaine compassion lorsque l'on s'aperçoit qu'il veut s'en sortir. A travers trois scènes percutantes, le long métrage concrétise ses montées de tension. La rencontre de Walter avec l'une de ses victimes expose la difficulté du pardon. Celle avec une victime potentielle montre une cruelle prise de conscience. La dernière avec un autre pédophile marque le début d'une avancée positive vers le regain d'une humanité morale.
En Bref :
The Woodsman affiche au final une lumière réjouissante. Il indique que le changement de comportement ne peut se faire qu'à plusieurs. Il montre que les actes pédophiles sont impardonnables et qu'ils marquent abominablement des victimes à jamais. Un film utile.
Posté le 28.03.2006 par blogcinedemik62160
Underworld 2 Evolution
Titre original : Underworld 2
Un film fantastique de Len Wiseman
Production : Lakeshore Entertainment, Screen Gems Inc
Scénario : Len Wiseman, Danny McBride, Kevin Grevioux
Acteur : Kate Beckinsale, Scott Speedman, Tony Curran, Derek Jacobi
Distribution : Snd
Presse : Personality, Etienne Lerbret
Sortie en salle le mercredi 8 mars 2006
Nouveauté programmée dans 328 salles cette semaine
Film interdit en salle au moins de 12 ans
Américain - 2005 - 1h46 - Couleur
Petites Infos :
Annoncé dès la sortie du premier volet, motivé par un bénéfice flirtant avec les 70 millions dollars, Underworld 2 récupère l'univers et les personnages du premier film en prenant bien soin de demeurer dans la même veine. Normal, donc, de retrouver Len Wizeman à la barre, sa femme Kate Beckinsale dans le rôle principal, et l'invisible Scott Speedman en souffre-douleur. Seulement, faire une suite n'est jamais chose aisée, même si généralement celle-ci bénéficie d'un budget plus conséquent. Le résultat, on l'imagine facilement, et cette critique le prouve.
Histoire :
Marcus (Tony Curran), le premier des vampires, s'échappe du manoir - refuge des vampires en apprenant les dessous de la trahison de Viktor (Bill Nighy). Avec la ferme intention de délivrer son frère William, le premier des lycans, il se met à la recherche de Sélène (Kate Beckinsale), la seule vampire encore en vie capable de localiser l'emplacement du sarcophage. Ce que Marcus ignore, c'est que la belle immortelle est accompagnée dorénavant d'un compagnon de choix, en la personne de Mickael Corwin (Scott Speedman), descendant de la lignée des Corvinus, et accessoirement premier hybride de l'histoire...
Critique :
L'action prend place immédiatement après les évènements du premier, un rapide flash back de 800 ans permettant d'introduire quelques faits nouveaux nécessaires au bon déroulement de l'intrigue. La débandade commence juste après : Marcus, premier des vampires, s'échappe de son cercueil afin de faire le ménage parmi les figurants réchappés du premier volet. Kraven notamment, un des vilains du premier, nous offre la plus courte apparition qui nous ai été donné de voir pour un potentiel fouteur de troubles miraculeusement survivant. Rassurez vous, l'essentiel est là : Kate Beckinsale en tenue de cuir ultra - serrée, et Scott Speedman en remake de Hulk version bleue et pas baraque. Dans les deux cas, de la psychologie allégée qui leur permettra néanmoins de batifoler dans un conteneur le temps d'une journée, histoire d'attendre que le soleil se couche. Niveau scénario, on se bidonne sec : rappelez vous, Corvinus est à l'origine des vampires et des lycans, a enfanté les premiers de chaque espèce. Depuis, William (Lycan) pionce tranquillement dans une prison d'acier très étroite, et Marcus (Vampire) ne pense plus qu'à le libérer pour... probablement pour dominer le monde, un truc comme ça. Si ces inepties se montrent plus ou moins cohérentes dans une première partie, la deuxième les mixe avec de tous nouveaux ingrédients rendant la sauce plutôt indigeste. Alors, pour habiller, les producteurs ont allongé 30 millions de dollars de plus que pour le premier, histoire d'acheter en gros des explosifs, des hectolitres d'hémoglobine, des fourrures, plein de trucs pour faire film d'action. Len Wizeman (réalisateur) n'a plus qu'à remuer sa caméra et à produire du ralenti dernière mode, et le cahier des charges est bouclé.
En Bref :
Un film d'action pas bégueule dès qu'il s'agit de faire péter des trucs, très faible en calories intellectuelles, et donc, dans l'ensemble, très très négligeable. Le couple porteur, déjà pas franchement transcendant dans le premier Underworld, réussit l'exploit de faire encore plus bas de plafond. On se passera du numéro trois, merci.
Posté le 28.03.2006 par blogcinedemik62160
Truman capote
Titre original : Capote
Une biographie de Bennett Miller
Production : United Artists, Infinity Media, A-Line Pictures, Cooper's Town Productions, Eagle Vision Inc.
Scénario : Dan Futterman, Gerald Clarke, Catherine Keener, Clifton Collins Jr...
Acteur : Philip Seymour Hoffman, Catherine Keener, Clifton Collins Jr, Chris Cooper
Distribution : Gaumont Columbia Tristar Films
Presse : Anne Lara et Nicolas Weiss
Sortie en salle le mercredi 8 mars 2006
Nouveauté programmée dans 77 salles cette semaine
Accord parental indispensable
Américain - 2005 - 1h50 - Couleur
Petites Infos:
Jusqu'où un écrivain est-il prêt à aller pour créer l'événement ? Truman Capote pose la question. Le célèbre écrivain américain fut l'un des premiers à rédiger un roman à partir d'une histoire vraie. En 1966, son livre In Cold Blood racontait le meurtre de quatre membres d'une famille de fermiers à Holcomb dans le Kansas. En 1967, il avait été adapté au cinéma par Richard Brooks.
Histoire:
Adaptaté de la biographie homonyme de Gerald Clark, le film de Bennett Miller transporte le spectateur face à un Truman Capote perturbant. Magistralement interprété par l'oscarisé Philip Seymour Hoffman (Happiness), le personnage de Capote intrigue et fascine. Ecrivain à succès de Breakfast At Tiffany's, l'homme reste un mystère. Manifestement égocentrique, manipulateur et prétentieux, il n'hésite pas à mentir et à profiter des gens pour en obtenir ce qu'il souhaite. Entre 1959 et 1965, il passe six ans de sa vie à entretenir une relation confidentielle avec Perry Smith, l'un des tueurs du massacre d'Holcomb.
Critique:
De ses années de confidences avec un meurtrier qu'il aide à retarder l'exclusion, Capote ne ressortira pas indemne. Si l'auteur dégage une impressionnante force de persuasion derrière sa voix fluette, il n'en demeure pas moins humain, avec toutes les faiblesses que cela implique. Ambiguë dans ses sentiments, il se perd dans les différents caractères qu'il affiche dans son entourage. Entre le comique confiant des soirées mondaines, l'enquêteur bon ami et l'amant homosexuel distant, Capote finit par craquer. Difficile de savoir si c'est le poids de ses manigances qui lui fait avoir des remords ou si c'est sa vie uniquement basée sur l'adulation de son reflet qui le dégoûte. Réalisé avec intimité et lenteur, le film se permet de longs fondus au noir et de nombreux plans serrés sur l'acteur principal. Philip Seymour Hoffman y expose l'importance de son investissement dans son travail de préparation. Le réalisateur affiche son talent pour créer des atmosphères confidentielles pleines de profondeur.
En Bref:
Si l'on s'étonne parfois d'un montage qui coupe certaines scènes rudement, l'histoire de l'écriture du roman In Cold Blood révèle toute la complexité d'un écrivain touché par un talent malsain. Il ressort de cette biographie cinématographique une sensation d'énigme sur un auteur à tout jamais marqué par la charge de son oeuvre. En 1984, Truman Capote meurt après des années passées dans l'alcoolisme. Passé l'écriture de In Cold Blood, il n'est jamais parvenu à terminer un autre roman.
Posté le 28.03.2006 par blogcinedemik62160
La panthère rose
Titre original : The Pink Panther
Une comédie de Shawn Levy
Acteur : Steve Martin, Kevin Kline, Jean Reno, Emily Mortimer
Distribution : 20th Century Fox
Presse : Michele Abitbol-Lasry et severine Lajarrige
Sortie en salle le mercredi 8 mars 2006
Nouveauté programmée dans 456 salles cette semaine
Américain - 2005 - 1h35 - Couleur
Histoire:
Lors d'un match de football, Yves Gluant (Jason Statham), l'entraîneur de l'équipe de France, meurt d'une flèche empoisonnée. Le célèbre diamant qu'il portait à son doigt, la Panthère Rose, est volé. Appelé pour diriger l'enquête et trouver le tueur, l'inspecteur Jacques Clouseau (Steve Martin) débarque à Paris. Accompagné du gendarme Gilbert Ponton (Jean Reno), il mène une investigation peu banale...
Critique:
Il est impossible de comparer les talents comiques de Steve Martin (Treize à la douzaine) et Peter Sellers (The Party). L'acteur américain et l'acteur anglais décédé ne jouent pas dans le même registre. Leurs interprétations du célèbre inspecteur français Jacques Clouseau n'a donc pas grand chose à voir. De ce fait, Steve Martin, l'acteur principal du remake des six films La Panthère Rose de Blake Edwards livre ici une performance loufoque et absurde du plus bel effet. Entre quiproquos délirants, sketchs visuels évidents et mimiques d'ahuris, la sauce du film de Shawn Levy (Pour le Meilleur et Pour le Rire) prend. Devant une telle quantité d'humour revendiqué complètement débile, les amateurs du genre ne pourront s'empêcher de se tordre de rire. Au travers du faux accent français de Clouseau, de l'abondance de situations barrées et de noms ridicules donnés aux personnages français (« Vainqueur » pour un entraîneur de football ou « Corbeille » pour un responsable de l'administration), un large public trouvera de quoi rire. Les petits s'amuseront du comique de situation et de répétition. Les grands préféreront les bêtises sexuelles et absurdes. Les deux se rejoindront dans l'appréciation des effets apocalyptiques hilarants de Clouseau.
Le duo Martin-Reno constitue une sorte de buddy movie agréable et qui fonctionne bien. L'aspect froid de l'acteur marocain contraste les nombreux excès de stupidité de l'américain. Au niveau du jeu, seule Beyoncé Knowles, chanteuse des Destiny's Child, gâche la fête. Kevin Kline a déclaré à son sujet : « Si elle a sa place dans le monde de la musique, elle n'est pas faite pour le cinéma ». En effet, on ne peut que regretter une performance plate où Beyoncé joue son propre rôle avec un malaise perceptible. En stars invitées, on note Clive Owen en agent 006 et Mareva Galanter qui fait deux apparitions éclairs en journaliste française.
En Bref:
Pendant presque une heure, La Panthère Rose version 2006 enchaîne à un bon rythme des gags filmés avec précision. Cependant, les dernières minutes pêchent d'une classique retombée scénaristique dans de très légers bons sentiments. La promo du single de Beyoncé apparaît alors évidemment totalement inutile et l'on déplore que les scénaristes, dont Steve Martin, peinent à clôturer rapidement leur histoire.
Posté le 28.03.2006 par blogcinedemik62160
Dérapage
Titre original : Derailed
Un thriller de Mikael Hafstrom
Acteur : Clive Owen, Jennifer Aniston, Vincent Cassel, Addison Timlin
Distribution : Bvi
Presse : Floriane Mathieu et Aude Thomas
Sortie en salle le mercredi 8 mars 2006
Nouveauté programmée dans 286 salles cette semaine
Film interdit en salle au moins de 12 ans
Américain - 2005 - 1h50 - Couleur
Critique:
L'affiche présentait en grand "avec Clive Owen, Jennifer Aniston et Vincent Cassel". Voilà un beau coup marketing puisqu'au final Dérapage n'est qu'un thriller comme un autre du genre "surhomme contre psychopathe". Dans le rôle du surhomme, on retrouve l'omniprésent Clive Owen qui joue sans subtilité le type beau, classe et gentil mais qu'il ne faut pas trop chercher. Il reste effectivement quelques têtes connues à côté du bellâtre mais ce n'est pas la Miss Aniston, un peu bouffie, ou un Vincent Cassel tout en exagération qui suffiront à attirer le chaland.
D'ailleurs quel est l'intérêt de cet énième thriller si ce n'est de dire que coucher avec quelqu'un d'autre que sa femme, ou que son mari, est synonyme de gros ennuis. Le monsieur a beau représenter la perfection masculine incarnée, il n'en reste pas moins qu'il a voulu passer la nuit dans les bras d'une autre. Bien mal lui en a pris puisqu'il s'est fait tabasser, que sa maîtresse a été violée et qu'on lui extorque depuis de l'argent. Bref, il aurait mieux fait de rentrer chez lui.
C'est là qu'intervient toute la logique hollywoodienne. A sa place, n'importe qui aurait appelé la police, ce qui s'avère en fait complètement inutile. Pourquoi prévenir les autorités ? Pour qu'ils arrêtent le criminel en 10 minutes et éviter de risquer à la fois la dispute familiale et les foudres d'une maîtresse qu'il ne voit plus ? C'est tellement plus simple de s'en charger soi-même. Certes, obtenir un résultat positif est un peu plus long mais niveau cinéma c'est tout de même beaucoup mieux. Il faut avouer que passées les énormités liées à cette situation, le film marche plutôt bien niveau suspens. Dérapage commence mollement mais finit petit à petit par séduire grâce à son intrigue pas si basique que cela malgré ses nombreux clichés. Il est juste dommage que le film mette véritablement une heure à prendre ses marques, à moins que ce ne soit le temps pour s'habituer aux énormités. Ensuite tout s'accélère, le rythme augmente et l'histoire devient autrement plus prenante.
En Bref:
Dérapage n'est rien de plus qu'un thriller pas bien original mais honnête une fois la première heure écoulée. Un poil de tension, un zeste d'action, quelques grammes de suspens et le tour est joué. Et puis si vous aimez voir Clive Owen sortir à tout bout de champ avec un air de chien battu « I'm sorry », vous allez adorer.
Posté le 28.03.2006 par blogcinedemik62160
Le temps des porte-plumes
Une comédie dramatique de Daniel Duval
Acteur : Daniel Duval, Jean-Paul Rouve, Anne Brochet, Annie Girardot
Production : Elia films, TF1 international, Rhône Alpes cinéma
Scénario : Daniel Duval
Distribution : Tfm Distribution
Presse : As Communication
Sortie en salle le mercredi 8 mars 2006
Nouveauté programmée dans 211 salles cette semaine
Français - 2005 - 1h34 - Couleur
Histoire:
Ils fleurissent les films et téléfilms ressuscitant la France du passé, depuis les Choristes ! C'est non sans une certaine appréhension que l'on découvre Le temps des porte-plumes, qui place lui aussi son intrigue au moment de l'enfance de nos actuels papy-boomers. Nous sommes en 1954. Pippo a neuf ans. Un drame familial le sépare de ses parents ivrognes et l'emmène dans un orphelinat où il est rapidement adopté par un sympathique couple de paysan, interprété par Jean-Paul Rouve et Anne Brochet. Le temps des porte-plumes raconte la nouvelle vie de cet enfant, dans un milieu rural, dans un petit coin de France dans lequel tout le monde se connaît. Le temps des porte-plumes est en quelque sorte une chronique, un calme récit de vie qui juxtapose les petites histoires du quotidien. On voit évoluer la relation entre Pippo et ses nouveaux parents, ses amis et sa classe. Le jeune garçon a du caractère, et c'est plus d'une fois qu'il parvient à rappeler au spectateur, quelque soit sa génération, l'odeur de son enfance.
Critique:
Le temps des porte-plumes ne se centre pas uniquement sur Pippo. La caméra se détourne parfois du jeune garçon pour aller observer d'autres visages, dans la communauté d'habitants. Daniel Duval dresse de multiples portraits, portraits ayant des impacts très variables selon la sensibilité du spectateur et la performance de l'acteur. Le mieux en jambe est très certainement Lorant Deutsch, dans son rôle silencieux d'ancien militaire écorché vif. Jean-Paul Rouve ne démérite pas, mais, connaissant son talent d'acteur, on était en droit d'espérer mieux. Quant à Anne Brochet et à Annie Girardot, elles interprètent toutes deux avec conviction des femmes à fort caractère. Si le film convainc dans ses moments de silence (le jeté de boule de papier de l'affreux maître d'école), il peine parfois plus à en imposer de par ses dialogues (l'enfant de l'orphelinat jetant un « fais comme moi Pippo, comptes pas » très peu crédible).
Pour ce qui est de la réalisation, Daniel Duval fait dans la sobriété, renforçant cet aspect « chroniques quotidiennes » et documentaire. Les habitudes de vie et moeurs de la campagne française d'après-guerre semblent bien reconstituées. On sent la domination de l'homme sur la femme, encore peu maîtresse de sa propre vie à travers l'histoire de Marie-Jeanne (Mélanie Bernier). On ressent aussi l'importance du curé et de l'instituteur, les deux figures représentatives de l'église et de l'état, qui ont une très forte emprise sur la population. Enfin, une partie du film est consacrée à l'observation, parfois paysagère, du rythme de travail paysan de l'époque : la courbure des corps, les animaux de trait, le début de la machinisation. Cette impression de film reconstituant, observateur, est un peu barbouillée par un final qui verse dans l'irréel et l'onirisme complet. Peut être aurait-il mieux valu ne pas changer de ton dans les dernières minutes.
En Bref:
Un film doux-amer, sensible et sympathique, qui touche à l'intimisme sans jamais se vautrer dans le pathos. Quelques imperfections tout de même, mais un résultat surprenant qui se hausse bien plus haut que les téléfilmo-hygiéniques Choristes. Dommage que le succès en salle semble absent.
Posté le 28.03.2006 par blogcinedemik62160
L'affaire josey aimes
Titre original : North Country
Une comédie dramatique de Niki Caro
Acteurs : Charlize Theron, Frances Mc Dormand, Sean Bean, Richard Jenkins
Distribution : Warner Bros
Presse : Carole Chomand et Alexis Delage-Toriel
Sortie en salle le mercredi 8 mars 2006
Nouveauté programmée dans 132 salles cette semaine
Américain - 2005 - 2h04 - Couleur
Histoire:
L'Amérique raffole de ces grandes histoires où une seule personne défie les institutions par la seule force de sa volonté et de son intégrité afin de faire valoir les droits fondamentaux de chacun et rétablir la moralité. Après l'écologiste Erin Brokovich ou l'ouvrière Norma Rae, c'est au tour de la mineuse Josey Aimes d'agir. Elle vient porter secours à ses collègues féminines pour mettre fin au harcèlement qu'elles subissent à la mine de fer. Plus que mal vu dans ce monde macho et arriéré qui ne les considère qu'utile au foyer, elles se font insulter et maltraiter quotidiennement, un comportement insupportable pour Josey Aimes qui, seule, va arrêter ces insupportables procédés. Pour mener le combat, on retrouve une Charlize Theron quelque peu transformée, mais moins que pour Monster. Tirée d'une histoire vraie, l'affaire Josey Aimes peut débuter.
Critique:
C'est bien gentil les films de ce genre où les faibles combattent les forts grâce à l'outil judiciaire mais le filon semble tout de même s'épuiser. On connaît à peu près toutes les ficelles du scénario et on arrive à prévoir chaque situation, ce qui rend le côté émotionnel bien moins poignant. Oui, le film montre la vie d'un trou paumé du Minnesota et les conditions de travail à la mine mais même si ces scènes sont parfaitement rendues par le langage et les actes crus des mineurs ainsi que la dureté de l'emploi, on a du mal à palpiter pour l'histoire. L'affaire Josey Aimes souffre d'un rythme lent qui s'attarde trop sur la vie quotidienne des mineurs bien plus que sur l'affaire elle-même. D'ailleurs le titre de la version originale est North Country, ce qui veut tout dire. La partie au tribunal a d'ailleurs été vite expédiée, insérée ça et là dans le film, mais souffrant de situations au final assez banales. On en ressort avec un film plutôt plat, sans grande vigueur, malgré les performances d'acteurs de chacun, Charlize Theron en tête suivie par des mineurs à la tête de l'emploi. Et ce n'est pas les envies d'en rajouter dans le pathos qui arrange les choses.
En Bref:
Rien de vraiment génial et rien de vraiment horrible non plus. L'affaire Josey Aimes remplit son contrat en montrant l'histoire singulière d'une femme qui a osé se battre contre tous mais qui n'apporte pas grand-chose de plus. Tout semble prévisible et ce n'est pas le manque de rythme qui nous a empêché de prédire ce qui allait se passer